Interviews des membres du jury

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Catherine Marlas

Vice-Présidente de la Fédération des Parcs naturels régionaux

Pouvez vous présenter la Fédération des PNR en quelques mots ?

En plus de ses missions de représentation des 52 Parcs naturels régionaux, la Fédération les appuie notamment dans le cadre de leur mission d’innovation en accompagnant la mise en œuvre d’expérimentations et en favorisant le transferts d’expérience et de bonnes pratiques.

Quels enjeux vous semblent cruciaux dans la thématique de l’innovation entrepreneuriale en milieu rural ?

Les territoires ruraux habités et espaces d’activités comme les Parcs naturels régionaux ont besoin de se renouveler et de se diversifier grâce à la mise en place de projets entrepreneuriaux.
L’accompagnement à l’émergence d’activités est alors l’occasion d’expérimenter de nouvelles formes d’entrepreneuriat plus adaptées à des espaces moins densément peuplés, d’innover dans le domaine socio-économique (pratiques RSE, d’économie circulaire, de proximité…) mais aussi de contribuer à des enjeux de gestion durable des ressources, de réponse à des besoins non satisfaits et de renouvellement du tissu sur ces territoires.

En quoi est-elle en lien avec la dynamique et l’action des Parcs ?

Dans les Parcs naturels régionaux, le développement passe d’abord par la valorisation socio-économique de leurs patrimoines et des ressources locales remarquables. Le pari est de considérer que leur préservation est source de création d’activités et d’emplois.
C’est dans ce contexte de forts enjeux que la Fédération des Parcs au côté des Parcs a largement investi la question de l’émergence d’activités depuis une vingtaine d’années en organisant :
• des formations et des séminaires sur l’organisation territoriale autour de l’accueil de porteurs de projets et la plus value de ces approches ;
• des études s’appuyant sur des cas pratiques d’accueil de nouvelles activités ;
• la promotion d’offres dans les Parcs (participation à « Projets en campagne », partenariat médias et création d’une bourse aux opportunités de création/reprise sur le site Fédération) ;
• le renforcement des liens avec des partenaires de la création d’activités (France initiative, réseaux coopératifs…) et la promotion d’outils et de dispositifs (SCIC, CAE…).

Depuis 2014, en partenariat avec Territoires conseils/CDC, la Fédération des Parcs a proposé à des Parcs d’expérimenter des fabriques à projets.
Il s’agit essentiellement de travailler sur les méthodes d’accompagnement à l’émergence de projets collectifs notamment dans les phases amont de détection de besoins/opportunités et de passage de l’idée au projet. L’objectif est de faire en sorte que davantage d’initiatives économiques aboutissent (autour par exemple des circuits courts, de filières, de valorisation énergétique, de plateformes de réhabilitation, de produits touristiques collectifs, de nouveaux services, de tiers-lieux…).

Avez vous un exemple en tête d’entreprise innovante en milieu rural qui vous semble particulièrement exemplaire ? Si oui pourquoi celle-ci ?

Plusieurs type de démarches d’émergence d’activités innovantes peuvent être évoquées dans les Parcs :

• Création d’une SCIC associant des acteurs privés et publiques développant plusieurs activités de production, de formation, de recherche, de médiation autour de la valorisation d’une ressource emblématique du territoire (exemple Okhra dans le Parc du Luberon) ;

• Création d’une activité de production d’énergie renouvelables dans le cadre d’une démarche participative (Centrales villageoises, SCIC ou SAS ou SEM de production d’énergie éolienne, photovoltaïque ;

• Création d’activités autour de la rénovation énergétique des bâtiments ou de l’éco-rénovation de bâti (filière éco matériaux, démarches groupées de savoir-faire : Gâtichanvre dans le Gâtinais français, Ecopertica dans le Perche).

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Bernard ChevillIat

Fondateur de Melvita

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

En 1977, je suis parti de mon Bordeaux natal pour m’installer en pleine nature en Ardèche où je demeure depuis. Biologiste de formation, apiculteur professionnel pendant une dizaine d’années, je suis devenu industriel de la diététique et surtout de la cosmétique à partir de 1983 avant de devenir éditeur et journaliste en 2014 lorsque j’ai cédé ma première entreprise. Entre temps j’ai participé à la mise en œuvre de la certification bio de la cosmétique et à l’animation de l’association COSMÉBIO, qui en assurait la promotion, dont j’ai été le président puis le vice-président pendant dix ans. J’ai aussi dirigé pendant quatre ans le Laboratoire de Recherche et Développement de L’Occitane-en-Provence. Aujourd’hui j’opère également aux côtés de Pierre Rabhi et de son Fonds de dotation.

Qu’est-ce qui vous intéresse dans la thématique de l’innovation entrepreneuriale en milieu rural ?

Mon parcours montre un attachement viscéral à la nature et à la ruralité. Innover en milieu rural me semble la clé de l’avenir en terme même d’aménagement du territoire. On y gagne en disponibilité et en motivation des salariés. D’expérience, je sais que l’encadrement est parfois plus difficile à recruter mais la qualité générale de l’effectif et de l’ambiance au travail supplée largement à ce handicap.

En quoi est-elle en lien avec votre parcours ?

Il y a 35 ans, mon frère et moi, nous avons créé MELVITA, une marque de produits cosmétiques biologiques et écologiques initialement implantée dans une ferme apicole dont le slogan était « la nature au cœur ». Toujours au cœur de la nature en Ardèche méridionale, et essentiellement diffusée en magasins bio et en pharmacies, elle est devenue depuis leader au plan national et depuis une dizaine d’années elle connait une forte expansion à l’international et notamment au Japon et dans toute l’Asie. En 1987, j’ai aussi crée – toujours en pleine nature – une entreprise de sous-traitance cosmétique et de savonnerie qui a pu opérer pendant 20 ans pour les plus grandes marques du marché international. Aujourd’hui, toujours en Ardèche, j’ai créé avec mon épouse une maison d’édition et de presse (HOZHONI / ULTREÏA !) qui est diffusée au plan national.

Avez vous un exemple en tête d’entreprise innovante en milieu rural qui vous semble particulièrement exemplaire ? Si oui pourquoi celle-ci ?

En région, on sait qu’il y a un réseau extrêmement dense de TPE/PME qui tirent leur épingle du jeu en dépit de l’éloignement du pouvoir décisionnel des grandes métropoles. Néanmoins un des meilleurs exemples de réussite et de capacité à innover en milieu rural me semble être l’entreprise PETZL de Crolles, en Isère, aujourd’hui dirigée par Paul Petzl. Elle existe depuis trois générations et offre du matériel de sécurité en montagne et des lampes frontales qui font référence dans le monde entier. Tout ce qui est vertical les passionne ! Que souhaiter de plus ? Leur capacité à innover et leur volonté de répondre aux exigences de leur marché sont réellement impressionnantes.